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 Saint Bernard

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Feu Zabouvski
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MessageSujet: Saint Bernard   Jeu 28 Fév 2008 - 0:46

Citation :
ernard



La très édifiante et inspirante vie pieuse de Saint Bernard, pionnier de l’ordre de Cîteaux (dit aussi "Ordo Cisternencis"), Saint patron des croisés et des chevaliers de Dieu.

Son débuts

Bernard naît en 1090 à Dijon, d’un père chevalier influent à la cour du duc de Bourgogne et d’une mère issue de la noblesse de robe d’une piété sans borne. Técelin, son père, était un homme d'antique et légitime chevalerie, fidèle serviteur de Dieu et strict observateur de la justice. Il passa sa jeune enfance avec ses plusieurs frères et sœurs à recevoir toute la bonté que deux parents peuvent donner à leur fils. Plus vieux, il eut accès à la meilleure et la plus pieuse éducation possible. Il apprit les langues modernes ainsi que les langues anciennes, il s’initia aux arts politiques, de la guerre. Il apprit à apprécier le travail artistique et il se forgea une forte rhétorique, ce qui devait lui servir ultérieurement. Entre-temps, sa mère eut un songe particulier qui présageait les futures destinées de cet enfant, car elle rêva qu'elle avait donnée naissance à un grand et fort lion qui rugissait; il avait tout le corps d’or, à l'exception du dos qui était blanc. Saisie d'une vive frayeur à ce songe, elle alla consulter un religieux qui, recevant en ce moment le don de prophétie dont était animé Oane quand il disait au Très-Haut : « La langue des lions de Dieu seront teintes du sang des ennemis de la création» répondit à cette femme que la crainte et l'anxiété agitaient: « N'ayez pas peur, vous êtes mère d'un grand et noble lion, qui sera le gardien de la maison de Dieu et qui fera entendre à sa porte de grands rugissements contre les ennemis de la foi. Ce sera, en effet, un prédicateur remarquable, et, tel un lion divin, de sa langue salutaire, il guérira en bien des gens de nombreuses plaies de l'âme ». La femme, pour rendre gloire à Dieu, décida de faire construire une église à Dijon qui plus tard devait passer du clergé séculier au clergé régulier par les soins de Saint Bernard. Bernard, quant à lui, s’était forgé une réputation d’habile orateur et de pieux élève. L’on dit même que grâce à une audace, il réussit à rester chaste malgré les viles avances des filles omnubilées par son physique.

C’est vers sa vingtième année que Bernard conçut le projet de se retirer du monde; et il réussit en peu de temps à faire partager ses vues à tous ses frères, à quelques-uns de ses proches et à un certain nombre de ses amis. Dans ce premier apostolat, sa force de persuasion était telle, en dépit de sa jeunesse, que bientôt « il devint, dit son biographe, la terreur des mères et des épouses; les amis redoutaient de le voir aborder leurs amis ». Il y a déjà là quelque chose d’extraordinaire, et il serait assurément insuffisant d’invoquer la puissance du « génie », au sens profane de ce mot, pour expliquer une semblable influence. Ne vaut-il pas mieux y reconnaître l’action de la grâce divine qui, pénétrant en quelque sorte toute la personne de l’apôtre et rayonnant au dehors par sa surabondance, se communiquait à travers lui comme par un canal, suivant la comparaison que lui-même emploiera plus tard en l’appliquant au prophète Aristote, et que l’on peut aussi, en en restreignant plus ou moins la portée, appliquer à tous les saints ? Quelques temps après, Bernard choisit la voie religieuse et intégra l’ordre cistercien, récemment fondé suite à une scission avec les dominicains, aujourd’hui disparus.

Ses talents de prédicateur hors pair furent vite remarqués au sein de l’ordre cistercien. Rapidement, l’ordre cistercien devint de plus en plus important à mesure que Saint Bernard invitait des fidèles de tous les horizons à rejoindre la vie monacale. Bien évidemment, il obtint une voix au chapitre. Au chapitre, il proposera la fondation d’une abbaye fille cistercienne dans sa bourgogne natale : L’Abbaye de La Bussière sur Ouche. Alors que les masses sont toujours rivées aux lèvres de celui que tous apprennent à connaître, et même à craindre chez les hérétiques et les schismatiques, celui qui devait devenir le premier abbé de La Bussière s’organise avec la noblesse locale. Le premier qui répondit au saint appel de Bernard fut le baron de Sombernon, qui proposa une de ses seigneuries, située près de Dijon, pour qu’y soit fondée l’abbaye. Bernard accepta rapidement et bénit le baron au cours d’une messe célébrée sur ladite seigneurie, à laquelle assistèrent de nombreux fidèles bourguignons qui furent automatiquement séduits par le prédicateur qu’était Bernard, qui devint alors le premier abbé de La Bussière au terme des travaux, qui se terminèrent somme tout rapidement. L’abbaye de La Bussière s’implanta donc rapidement en Bourgogne et l’ouverture d’une école au sein même de l’abbaye contribua grandement à sa renommée et aussi à enseigner l’aristotélicisme aux fidèles bourguignons. Aussitôt ouverte, et grâce à la renommée de son abbé, plusieurs nobles vinrent visiter les murs de l’abbaye pour leur retraite. Cette proximité avec les grands politiques de l’époque permit à Bernard de devenir de plus en plus influent.

L'Abbaye de La Bussière sur Ouche.



Sa renommée auprès des autorités laïques et religieuses locales atteignis bien assez vite les murs de la capitale de papes, où il fut éventuellement invité. À Rome, il profita des bibliothèques pour s’instruire et fit connaissance des figures de proues de la religion de l’époque. Il en convainc plusieurs par son discours de la bonne foi de l’ordre cistercien, qui gagna à être connu à Rome. Toutefois, l’abbaye rappela son abbé pour d’autres tâches. Revenu à La Bussière, Bernard entreprit de nouer des relations diplomatiques avec les jeunes ordres militaires et religieux naissants, créés dans la foulée de la redécouverte des enseignements de Kyrène. Ceux qui furent les plus forts à répondre à l’appel de l’abbé furent les Chevaliers d'un Ordre Militaire Romain, qui encore aujourd’hui sont profondément ancrés dans l’abbaye de La Bussière, où ils contribuèrent notamment à l’établissement de l’école qui encore aujourd’hui fait la renommée de La Bussière.

Son engagement militaro-religieux

Ce rapprochement avec les chevaliers, monde qu’il connaissait déjà beaucoup grâce à son père, le convainc du bien fondé d’un bras armé pour l’Église. Il entreprit de nombreuses recherches théologique qui aboutirent à de nombreux écrits comme son fameux essai : La sainte et justifiée violence, référence théologique de tous les chevaliers de Dieu.

La Sainte et Justifiée Violence (extrait) a écrit:
Ces mots de Saint Bernard sur "les chevaliers de Dieu" rappellent à tout Aristotélicien que la vie est un combat mené pour Dieu, dont l'issue est certaine, mais s'obtient à un prix qu'il faut payer avec joie : le don de nos vies. (...)Car ce n'est pas sans raison qu'il porte l'épée : il est l'exécuteur de la volonté divine, que ce soit pour châtier les malfaiteurs ou pour glorifier les bons.

Lorsque, ultérieurement, le pape Honorius II convoqua un concile au sujet des ordres religieux, Bernard s’impliqua grandement prêchant la reconnaissance de plusieurs ordres religieux. Il joua énormément de son influence et devint presque simultanément la vedette de ce concile. Il convainc les rois de France et de Rome (le Saint Empereur Germanique) ainsi que sa sainteté du bien fondé de ces regroupements de fidèles se battant au nom de Dieu. D’abord homme de paix, Bernard écrira un projet de règle pour les Ordres Militaro-Religieux conciliant l'état monastique et idéal chevalresque et posa les bases de ce qui deviendrait la future Congrégation Romaine des Saintes Armées.

Toujours au sein du concile, Bernard sera confronté à Abélard, un sombre mais influent théologien, convaincu de la petitesse de l’homme, mais également orthodoxe, auquel Bernard rétorque ;
Citation :
C’est ainsi que les secrets de Dieu sont mis à jour et que les plus hautes questions jetées au vent?

Au terme de ce concile, Bernard tentera de convaincre les chevaliers de Dieu nouvellement reconnus d’aller reconquérir la Terre Sainte. À la Pâques Aristotélicienne, Bernard prêche une croisade à Vézelay dans un idéal d'unité et de paix. A Noël, il prêche à Spire. Il intervient aussi à Mayence, dans un élan de sainte bonté humaine, pour empêcher les massacres de spinozistes par des fanatiques endoctrinés par les pouvoirs laïcs. Admiré de tous, plusieurs le suivront sur les chemins vers la Terre Sainte pour y faire croisade sous son saint commandement.

Citation :
Qu'ils soient rejetés loin de la cité du Seigneur, ceux qui commettent l'iniquité, ceux qui s'efforcent d'enlever les inestimables richesses que Jérusalem réserve au peuple aristotélicien, ceux qui veulent souiller les Lieux saints et s'approprier le sanctuaire de Dieu. Que les deux glaives des fidèles soient levés sur la tête des ennemis, pour détruire quiconque s'élève contre la foi de Dieu, "pour que les nations ne disent pas: où est leur Dieu ?"

En chemin, les chevaliers de Dieu rencontre de nombreux pèlerins et fidèles qui se joignent à eux. Ils traversent d’abord la Dalmatie et arrivent en Grèce, où ils se séparent à la recherche des saints lieux mentionnés dans la Vita d’Aristote avant de se reformer. Il traverse le Thésallonique où ils sont accueillis avec indifférence pour finalement arriver aux portes de Constantinople, où les aristotéliciens d’Orient leur donne hospitalisation comme s’ils étaient leurs frères, et ce malgré une religion différente. Les chevaliers continuèrent leurs routes entre vallées et plaines de l’Anatolie avant de finalement arriver aux portes d’Antioche, dont ils entreprennent d’en faire le siège, avec l’appui des quelques aristotéliciens locaux restés fidèles à la vraie foi.

Saint Bernard de La Bussière prêchant la croisade.



Peu de temps après, animés et excités par leur foi, les croisés se lancèrent à l’assaut des murs d’Antioche. Les averroïstes qui contrôlaient la ville alors étaient plus nombreux que les croisés, mais ils se battaient avec peu d’ardeur et de conviction, alors que les croisés semblaient infatigables. Devant l’ardeur de ses troupes, Bernard lança, comme s’il voulut prouver quoique ce soit à quiconque :

Citation :
Ils vivent sans avoir rien en propre, pas même leur volonté. Vêtus simplement et couverts de poussière, ils ont le visage brûlé des ardeurs du soleil, le regard fier et sévère : à l'approche du combat, ils s'arment de foi au dedans et de fer au dehors; leurs armes sont leur unique parure; ils s'en servent avec courage dans les plus grands des périls, sans craindre le nombre, ni la force des Barbares : toute leur confiance est dans le Dieu des armées; et en combattant pour Sa Cause, ils cherchent une victoire certaine ou une mort sainte et honorable. O l'heureux genre de vie, dans lequel on peut attendre la mort sans crainte, la désirer avec joie, et la recevoir avec assurance!

Les combats continuèrent et le sang infidèle baigna la terre sainte, mais Bernard était convaincu que telle était la volonté de Dieu. Finalement, après des mois de batailles intenses, Jérusalem redevinrent aristotélicienne, mettant fin à la reconquête de la Terre Sainte. Les croisés ramassèrent plusieurs reliques, érigèrent de nombreux forts et divisèrent la Terre Sainte en plusieurs comtés qu’ils se répartirent équitablement selon le mérite dont ils avaient fait preuve pendant la croisade. Entre-temps, les royaumes aristotéliciens occidentaux avaient préparés une importante flotte grâce à laquelle quelques croisés, dont Bernard, purent retourner chez eux.

Son apostolat

Moine engagé aux foucades redoutées des papes comme des princes, brutal dès lors qu'il s'engage, St Bernard est aussi un prêcheur formidable, un écrivain de haute volée, un ascète exigeant et un mystique parmi les plus inspirés.

Bien plus tard, l’on demanda à Bernard de trancher entre deux papes qui affirmaient avoir respectivement remporté l’élection au conclave, Innocent II et Anaclet. Bernard trancha en faveur d’Innocent II, et grâce à ces talents de diplomates aguerris, acquis à force d’expérience, il rallia le Roi de France et l’Empereur, ainsi que de nombreuses villes italiennes qui s’étaient d’abord rangées pour Anaclet. Après cette ultime épisode, Saint Bernard, abbé de La Bussière sur Ouche, en Bourgogne, se retira dans son abbaye avec ces frères cisterciens.

Saint Bernard de La Bussière passa ses dernières années à poursuivre son instruction dans divers domaines, dont la cuisine, ainsi qu’à cultiver les terres du domaine de l’abbaye. Il se questionna beaucoup sur sa vie, sur la foi et fit le deuil de ce qu’il n’avait pas pu accomplir de son vivant, priant pour que son successeur puisse…

Bernard a pris une part décisive à toutes les controverses de son temps, mais il était un homme d'Église plutôt qu'un théologien, quoique le calendrier lui donne le titre de docteur de L’Église. Sa doctrine, comme ses actes, reflète les inspirations d'une nature mystique et contemplative, mais prompte à s'irriter contre tout ce qui peut alarmer ou distraire la piété; non seulement contre toutes les hérésies, mais contre toutes les témérités. Saint Bernard n'a pas été le fondateur de l'ordre de Cîteaux, mais son animateur, sa plus grande gloire : la figure de proue du prodigieux essor des cisterciens, ces « moines blancs » qui ont rénové en profondeur – et durablement – la vie religieuse de l’Occident.

Dénonciateur des écarts des autres ordres religieux : il n'aura de cesse de critiquer : les écarts faits à la règle de Saint Benoit : mets surabondants, coquetterie, habitudes et trains de vie princiers, le cadre de certains monastères, leur décoration, peintures ou sculptures évoquant des messages bibliques, qui sont utiles au fidèle mais pas au moine.

Saint Bernard a écrit:
"O vanité des vanités, mais plus insensée encore que vaine : l'église resplendit sur ses murailles et elle manque de tout dans ses pauvres". "Sans parler de l'immense élévation de vos oratoires, de leur longueur démesurée, de leur largeur excessive, de leur décoration somptueuse et de leurs peintures plaisantes dont l'effet est d'attirer sur elles l'attention des fidèles et de diminuer le recueillement".

Bernard de La Bussière fit son dernier souffle une journée froide de janvier 1153, après avoir reçu l’onction. Il laissa derrière lui plus de 160 moines à Noirlac nouvellement créée, tandis que la nouvelle famille cistercienne comptait déjà près de 350 abbayes. Ses reliques, composées de sa soutane, de son armure, de sa mitre et de sa crosse, ainsi que son gisant, reposent en l'abbaye de la Bussière.



=> L'Abbaye Fille Cistercienne de La Bussière sur Ouche <=
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MessageSujet: Re: Saint Bernard   Jeu 28 Fév 2008 - 0:47

Zabouvski a écrit:
Annexe 1 : La Sainte et Justifiée Violence

Pour les chevaliers croisés, c'est en toute sécurité qu'ils combattent pour le Très-Haut, sans avoir à craindre de pécher en tuant leurs adversaires, ni de périr, s'ils se font tuer eux-mêmes. Que la mort soit subie, qu'elle soit donnée, c'est toujours une mort pour le Très-Haut : elle n'a rien de criminel, elle est très glorieuse. Dans un cas, c'est pour servir la foi ; dans l'autre, elle permet de gagner le Soleil : le Très-Haut permet en effet que l'on tue un ennemi pour venger la foi, et le Très-Haut alors de se donner lui-même plus volontiers encore au chevalier pour le consoler. Ainsi, disais-je, le chevalier croisé donne-t-il la mort sans rien redouter ; mais il meurt avec plus de sécurité encore : c'est lui qui bénéficie de sa propre mort, le Très-Haut de la mort qu'il donne.

Car ce n'est pas sans raison qu'il porte l'épée : il est l'exécuteur de la volonté divine, que ce soit pour châtier les malfaiteurs ou pour glorifier les bons. Quand il met à mort un malfaiteur, il n'est pas un homicide, mais, si j'ose dire, un malicide. Il venge le Très-Haut de ceux qui font le mal ; il défend les aristotéliciens. S'il est tué lui-même, il ne périt pas : il parvient à son but, le but de tous les aristotéliciens, l’ultime étape du chemin de la vertu : le Soleil. La mort qu'il inflige est au profit du Très-Haut ; celle qu'il reçoit, au sien propre. De la mort du païen, l’aristotélicien peut tirer gloire, puisqu'il agit pour la gloire du Très-Haut ; dans la mort de l’aristotélicien, la générosité de Dieu se donne libre cours : il fait venir le chevalier à lui pour le récompenser. Dans le premier cas, le juste se réjouira en voyant le châtiment ; dans le second, il dira : "Puisque le juste retire du fruit de sa justice, il y a sans doute un Dieu qui juge les hommes sur la terre."

Pourtant, il ne convient pas de tuer les païens si l'on peut trouver un autre moyen de les empêcher de harceler ou d'opprimer les fidèles. Mais, pour le moment, il vaut mieux que les païens soient tués, plutôt que de laisser la menace que représentent les pécheurs suspendus au-dessus de la tête des justes, de peur de voir les justes se laisser entraîner à commettre l'iniquité.
Qu'ils soient rejetés loin du Soleil, ceux qui commettent l'iniquité, ceux qui s'efforcent d'enlever les inestimables richesses que Jérusalem réserve au peuple aristotélicien, ceux qui veulent souiller les Lieux saints et s'approprier le sanctuaire de Dieu. Que les deux glaives des fidèles soient levés sur la tête des ennemis, pour détruire quiconque s'élève contre la foi de Dieu, c'est-à-dire celle des aristotéliciens, "pour que les nations ne disent pas: où est leur Dieu ?"

Zabouvski a écrit:
Annexe 2 : Saint Bernard et la Chasteté

    Le premier biographe de Bernard, le frère cistercien Thalys, écrivit ce texte sur la chasteté de Saint Bernard. Ce qu'il décrit et la manière dont il le fait étant particulière, nous avons jugé bon de vous le présenter dans son intégralité et dans sa version originale. Il fut traduit du latin par Monseigneur Orier Bellecour.


Pureté et son amour de la Chasteté

Il était encore enfant lorsqu'il fut pris d'un violent mal de tête qui le força de se mettre au lit. On amena près de lui une espèce de femme, qui faisait profession de guérir les maladies en récitant des paroles magiques. En la voyant s'approcher de lui avec ses instruments d'incantation, il la repoussa loin de lui avec un cri d'indignation et la chassa de son lit. On était au grand jour de Noël, et selon la coutume tout ce monde se préparait aux vigiles solennelles de la fête, et comme l'office de la nuit se prolongeait un peu, il arriva que Bernard, qui était assis et en attendait la fin avec le reste des fidèles, la tête inclinée, s'endormit un peu. Alors ce saint enfant vit apparaître à lui le Saint Christos naissant, qui augmenta sa foi tendre encore, et jeta dans son âme les premiers germes de la divine contemplation. Il lui apparut comme un époux glorieux qui sort de sa couche nuptiale, et se montra à ses regards comme s'il était né de nouveau sous ses yeux, lui le Verbe enfant, du sein de Maria, beau entre tous les enfants des hommes, et il ravit les sentiments du jeune Bernard, qui déjà n'avaient plus rien d'enfantin. Il demeura persuadé depuis ce jour-là que l'heure où Jiésu lui était apparu, était l'heure même à laquelle il vint au monde. Il est facile, pour ceux qui l'ont suivi dans ses prédications, de remarquer de quelles bénédictions le Messie le prévint cette heure-là, car il semble qu'il n'est jamais plus profond et plus abondant que lorsqu'il parle sur le mystère de la naissance du Sauveur. C'est aussi ce qui, dans la suite, lui fit composer un opuscule à la gloire de la Mère et du Fils, et de la sainte naissance de celui-ci; ce fut une de ses premières oeuvres. Je ne dois pas non plus omettre quelque chose qu'il se plaisait à faire dès ses plus tendres années; sitôt qu'il avait quelque argent, il en faisait des largesses aux pauvres. Il pratiquait des couvres de piété en rapport avec son âge. Mais tandis que le temps s'écoulait ainsi, et qu'il grandissait en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes, le jeune Bernard sortait de l'enfance et entrait dans l'adolescence; alors sa mère, après avoir élevé ses enfants dans la foi, les laissa à l'entrée des voies du siècle, car, comme si elle avait fini sa tâche, elle eut le bonheur de retourner vers le Très-Haut. Elle s'endormit du sommeil de la mort au milieu des prières que des clercs réunis auprès de son lit chantaient entre eux et qu'elle chantait elle-même avec eux. Dans les derniers moments, quand on ne pouvait plus entendre sa voix, on la voyait remuer les lèvres et, d'une langue qui palpitait encore , continuer à chanter les louanges du Tout-Puissant. Enfin, pendant qu'on récitait les litanies, à ces mots : Per passionem et crucem tuam libera eam domine, on la vit se signer de la main et rendre (a) l’âme dans cette position, si bien qu'elle ne put abaisser la main qu'elle avait levée. A partir de ce moment-là. Bernard commença à vivre selon son goût et à sa façon. Il avait une taille avantageuse, une figure agréable, des moeurs douces, un esprit pénétrant, une élocution facile, c'était un jeune homme plein d'espérance. A l'âge où il allait faire son entrée dans le monde, plusieurs carrières s'ouvraient devant lui, et, dans chacune, s'offrait à lui la prospérité de la vie, partout les plus grandes espérances lui souriaient. De leur côté, les moeurs de ses compagnons, qui étaient loin de ressembler aux siennes, devenaient un danger pour le coeur bon et aimable de Bernard, et leur amitié turbulente s'efforçait de le rendre semblable à eue. S'il avait continué à trouver des charmes de ce côté, il n'aurait point tardé à trouver de l'amertume dans ce qui avait eu jusqu'alors pour son coeur la plus grande douceur, je veux parler de son amour de la chasteté. Aussi est-ce en ce sens que le serpent insidieux lui tendait les piéges de la tentation et s'efforçait en maintes rencontres de le mordre au talon. A peu près dans le même temps, une jeune fille, poussée par les instigations de la bête Sans-Nom, vint se placer tonte nue dans son lit; à peine Bernard la sentit-il à ses côtés, que, lui cédant paisiblement et sans mot dire la place qu'il occupait dans son petit lit, il se tourna de l'autre côté et se mit à dormir. La malheureuse créature, de son côté, demeura couchée pendant quelque temps et attendit, puis elle se mit à le toucher et à l’exciter; enfin, comme il demeurait immobile, elle finit malgré son effronterie par rougir d'elle-même, et, dans un double sentiment de confusion et d'admiration, elle se lève, le laisse seul et s'enfuit. Il arriva aussi à Bernard de descendre un jour, avec quelques uns de ses amis, chez une femme que sa beauté charma; elle se laissa prendre par ses propres regards comme dans un filet, et conçut une violente passion pour lui. Elle lui fait préparer une chambre à part comme étant le plus honorable de troupe; et. la nuit, elle se lève et a l'impudence de s'approcher de lui. En la sentant à ses côtés, Bernard, plein de présence d'esprit, se met à crier : Au voleur, au voleur! A ces mots, la femme s'enfuit; tous les gens de sa maison se lèvent, on allume un flambeau, on cherche le voleur; mais sans le trouver. Chacun regagne son lit, le silence se rétablit, toute la maison retombe dans les ténèbres comme auparavant, tout le monde repose, mais la malheureuse créature ne fait point comme tout le monde. Elle se lève une seconde fois, et gagne le lit de Bernard, et lui de recommencer à crier : Au voleur, au voleur! On se remet derechef en quête du voleur, mais on ne le trouve pas davantage, et celui qui le connaissait ne le dénonce à personne. Cette malheureuse femme se vit repoussée ainsi jusqu'à trois fois, et ne céda enfin que sous l'empire de la crainte ou vaincue par le désespoir. Le lendemain, la petite troupe s'étant remise en route, les compagnons de Bernard lui demandèrent ce qu'il avait eu à rêver tant de fois de voleur la nuit précédente; il leur répondit : Il n'est que trop vrai qu'il y avait un voleur; notre hôtesse en voulait au trésor incomparable de ma chasteté.
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